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Pages laboratoires qui nous éclairent sur un écrivain phare du XXème siècle, les carnets de St Exupéry ont été réunies par les éditions Gallimard, à partir de 1950. A l’origine, ces réflexions n’étaient pas destinées à la parution. C’est une démarche personnelle menée par Antoine de St Exupéry qui couchait ainsi sur le papier les étapes de son dialogue intérieur.

Dès les années 1930, Antoine de Saint-Exupéry prend des notes sur un petit carnet qu’il promène toujours avec lui. Un agenda et cinq petits carnets ont ainsi été utilisés de 1935 à 1940. En voiture ou en avion, Saint-Exupéry s’en servait simultanément pour un usage strictement personnel. Dans son esprit, ces notes n’étaient pas destinées à être lues par le public. Il utilisait ces carnets pour recueillir des idées et développer des réflexions susceptibles d’être approfondies ultérieurement. Le seul objectif de cette prose était de lui servir de repères et il ne cherchait pas à les rendre compréhensibles aux yeux d’un lecteur, autre que lui-même.

Les carnets de St Exupéry sont un laboratoire dans lequel il laissait sa pensée vagabonder.  On y trouve parfois des affirmations contradictoires et des incohérences qui prouvent que ces lignes ne reflètent pas les conclusions de St-Ex, mais les jalons de sa pensée. On y découvre de nombreuses répétitions, des phrases inachevées, des formulations parfois maladroites, illustrées d’abréviations, de flèches et de croquis. L’auteur du petit prince y pose des questions plus que des réponses.  Comme le fit en son temps Montaigne dans ses essais, St Exupéry pouvait abandonner certaines idées sans trouver utile de les supprimer de ses carnets tandis que sa pensée évoluait.  Les carnets sont aussi l’occasion de découvrir la sensibilité d’un homme curieux de tout, qui, entre l’énoncé classique d’un théorème de physique et la résolution d’un problème financier, écrivait : « Je prendrai de chacun de vous tout le bien, et j’en formerai un cantique. »

En 1953, sous l’impulsion de Pierre Chevrier, pseudonyme de Nelly de Vogüé, l’une de ses amies proches, les Éditions Gallimard publièrent ce recueil de notes. Les problèmes soulevés et les intuitions exprimés par St Ex dans ses carnets, fournissent encore aujourd’hui des éléments propres à nourrir nos réflexions. Surtout, on y découvre des images et des idées qui permettent d’approcher le secret de l’élaboration des oeuvres que St Exupéry offrit au public.