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FRANÇOIS POIVRET, PHOTOGRAPHE DE L’INSTANT REVELE

Célèbre pour ses portraits d’artistes et ses travaux en « street photography », François Poivret fait partie de ces photographes inspirés qui donnent du sens aux instants fugitifs. Amoureux des belles choses et des beaux objets, Soixante5 vous invite à découvrir sa poésie et la profondeur de son regard esthétique. Découvrez cet auteur dont les clichés dévoilent une part de la nature profonde des artistes et de la création artistique.

Des rencontres et des démarches artistiques.

Né en 1959 à Bayeux en Normandie, François Poivret fait ses premiers pas de photographe en tant qu’assistant dans des studios de prises de vues publicitaires avant d’entrer à l’agence Gallium.  Il devient ensuite photographe indépendant en 1985 et se spécialise dans la photographie des oeuvres d’art. De cette époque datent ses premières collaborations avec les magazines d’art contemporain, les galeries, les centres d’art contemporain, et les plus grands musées. En parallèle, il développe un travail d’auteur de portraits d’artistes.  Sans jamais chercher à glorifier son sujet mais bien plutôt à restituer un équilibre parfait entre la place du photographe qui n’impose pas sa volonté et celle de son modèle qu’il photographie sans artifice dans son intimité et dans sa démarche créative, il nous livre ainsi un témoignage esthétique, riche par sa valeur documentaire et poétique.

De l’artiste Ben, à César, en passant par David Lewis, Martin Barré, Raymond Hains, Bernard Frize, Antonio Saura, Joseph Beuys, Bernard Frize ou encore Jacques Villeglé, les portraits réalisés par François Poivret témoignent d’une rencontre. Il lui faut le temps de l’accompagnement. Ce temps nécessaire pour saisir une expression dont on ne sait si elle est dérobée à l’insu du sujet, ou si elle résulte d’une mise en scène. Cadrage serré pour certains, pour d’autres un plan large sur un geste ou une démarche, seul ou en compagnie d’autres personnages, dans leur atelier, au cours de leurs promenades et des multiples moments de leurs vies quotidiennes, chacun de ses clichés noir et blanc argentiques révèlent leur sujet au moment même où l’éphémère se donne à voir et à saisir.

En point de mire, Jacques Villeglé, « Le lacéré anonyme »

Dans cette riche galerie de portraits, la place occupée par Jacques Villeglé est particulière. Depuis 1985, le photographe développe une étroite collaboration avec cet artiste, qui compte parmi les figures majeures de l’art contemporain. Regardant la ville comme un tableau, héritier d’Alfred Jarry, Jacques Villeglé prône le retour à la réalité et à l’utilisation d’objets trouvés dans le processus de création (assemblage, accumulation, lacération…). Avec ses collages et lacérations d’affiches, Il met en avant les « réalités collectives » urbaines et offre un témoignage historique original de la société moderne. Au travers de nombreuses expositions et de plusieurs livres, François Poivret dévoile d’une façon chronologique l’émergence des œuvres de Jacques Villeglé durant ses séances d’arrachage, ses détournements de lettres et ses promenades captées dans les villes où évolue l’artiste. A Rome, Istanbul, New-York, San Francisco mais aussi à Paris et Saint Malo, François Poivret accompagne les déambulations de Jacques Villeglé. Chaque série est l’objet d’un repérage précis de lieux et de situations qui évoquent l’un ou l’autre des aspects du travail de Villeglé. Pour mieux se rapprocher de son sujet, François Poivret dit accorder beaucoup d’importance au fait d’installer une atmosphère de détente et de sérénité. De cette complicité, nourrie au fil des années, l’auteur a tiré un témoignage unique sur cet artiste de renommée internationale, à la croisée de mouvements historiques tels que le nouveau réalisme, le lettrisme et l’internationale situationniste.

De New-York à Tokyo, un regard poétique sur la ville

La photo de rue, particulièrement des rues de New-York ou de Tokyo, est l’autre grand sujet de François Poivret. Parmi ses thèmes de prédilection, un quartier de Brooklyn à New-York est un lieu cher au photographe. Il y poursuit actuellement un travail de création aux alentours de la 7ème avenue. Une approche particulière, inspirée par un auteur américain célèbre pour explorer l’atmosphère unique régnant à l’extrémité ouest de Long Island. Multipliant les courts séjours de 4 à 5 journées consécutives, pour alimenter sa fraicheur et sa spontanéité, François Poivret publiera dans quelques mois un livre réunissant les clichés fruit de ce travail d’auteur. Dans cette oeuvre à venir, comme dans ses portraits d’artistes, François Poivret attachera à nouveau beaucoup d’importance au rôle de la lumière, révélatrice des personnalités, des ambiances, des histoires que murmurent les lieux et les objets, de l’infinie variété qui compose le présent. Une série qui illustrera à nouveau la philosophie partagée avec Jacques Villeglé, et dont les mots sont empruntés au poète François Baudelaire « tout l’univers est un magasin d’images et de signes auxquels l’imagination donne une place et une valeur relative, une espèce de pâture que l’imagination doit digérer et transformer… »

Crédit photo François Poivret. Tous droits réservés. © F. Poivret