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Commentaires fermés sur Pour se familiariser avec les écrivains voyageurs.

 

« Il y a deux sortes d’hommes dans le monde – disait Rudyard Kipling – ceux qui restent chez eux, et les autres« . Les écrivains voyageurs font définitivement partie de la deuxième catégorie. Ils ne sont pas simplement les auteurs de récits de voyages, genre dans lequel les plus grands écrivains se sont illustrés, ce sont des auteurs fondamentalement nomades qui engagent tout leur être intime et littéraire à relater leur expérience personnelle du voyage.

 

À travers le roman, la poésie ou bien l’essai, l’écrivain voyageur met à profit ses découvertes, en tire des enseignements ou bien donne à voir à son lecteur, et son aventure personnelle prend une dimension beaucoup plus large, universelle et littéraire. Jacques Lacarrière compare l’écrivain-voyageur à un « bernard-l’hermite planétaire ». Il le définit comme un « crustacé parlant dont l’esprit, dépourvu de carapace identitaire, se sent spontanément chez lui dans la culture des autres ».

 

Robert Louis Stevenson, Stendhal, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Arthur Rimbaud, Jack London, Joseph Kessel, Ernest Hemingway, Rudyard Kipling, Blaise Cendrars, Jules Verne, Jack Kerouak, … on peut citer dans la catégorie des écrivains voyageurs de grands noms de la littérature mondiale. Ce genre a vu éclore des oeuvres qui ont marqué des générations entières de lecteur. Donnant à voir et à découvrir, l’écrivain voyageur transmet son expérience et la lecture de ses ouvrages est un dépaysement total.

 

Selon les époques, les hommes n’ont pas voyagé de la même manière ni dans le même objectif. De la description des autres à la découverte de soi, le récit de voyage est un genre littéraire à part entière dont les premiers exemples remontent à l’odyssée d’Homère. Comme le roman, la poésie ou le théâtre, le récit de voyages possède ses codes, présente une évolution et des styles caractéristiques.

 

Certaines grandes surfaces culturelles proposent un rayon « Écrivains voyageurs ». On peut y vérifier que la définition du terme y est floue, car on trouve dans ses rayons divers manuels touristiques et livres d’image. Pour commencer à se familiariser avec la littérature de voyage, mieux vaut faire appel aux grands noms qui ont illustré le genre.

 

« Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s’allument dans le soir. Ma journée est faite ;

Je quitte l’Europe. L’air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. […]

Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’œil furieux : sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retours des pays chauds. »Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.

 

A vous de débuter vos propres récits sans le moindre complexe. Même si vous n’avez pas le talent des plus grands, retenez que chaque auteur a su transcender sa propre découverte pour en faire une histoire universelle. Relatez vos rencontres, les lieux parcourus, mais pensez aussi à faire partager vos émotions et votre sensibilité propre pour que vos récits gagnent en épaisseur et en intérêt.